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Calais, commission d’enquête sur le respect des personnes migrantes : pour Natacha Bouchart la situation est mieux gérée

La maire de Calais était entendue ce jeudi devant les députés. Elle était en face… de Marc de Fleurian, son opposant aux Municipales, actuellement vice-président de cette commission.

Assemblée Nationale
La maire de Calais a été entendue une bonne partie de la matinée.
Crédit : Assemblée Nationale

Calais face à la France sur le dossier migratoire…

Une commission d’enquête est en cours à l’Assemblée Nationale, autre que la très médiatique sur l’audiovisuel public… Une commission d’enquête sur le respect des droits des personnes migrantes.

Si les députés travaillent sur l’ensemble de la France, la Côte d’Opale est évidemment au centre des discussions, avec encore une année record en 2025 pour les traversées de la Manche et de la Mer du Nord, au départ de notre région, vers l’Angleterre.

Ce jeudi, la maire de Calais était entendue. Natacha Bouchart qui était notamment en face de son opposant numéro 1 à la mairie pour les prochaines municipales, le RN Marc de Fleurian, aujourd’hui député et vice-président de cette commission.

Natacha Bouchart est revenue sur la très difficile période 2014-2017. La situation reste compliquée mais bien plus calme pour elle.

Calais

Natacha Bouchart qui a par ailleurs évoqué les efforts de l’État pour sécuriser les entreprises Calaisiennes, éviter les intrusions. Ce qui avait en partie conduit à la fermeture de Tioxide, en 2017.

 

Natacha Bouchart, chiffres à l'appui

« Quelles sont les conséquences des accords du Touquet sur la ville de Calais ? » Telle était la question du président de la commission, Sébastien Huyghe, député du Nord.

Après être remontée deux décennies en arrière avec le démantèlement du camp de Sangatte lorsque Nicolas Sarkozy était ministre de l’Intérieur, l’édile de la cité des Six Bourgeois a développé son propos.

Sur l’impact démographique d’abord. En se référant aux données de l’INSEE, la ville est passée de près de 75 000 habitants en 2016 à un peu plus de 68 000 aujourd’hui (en hausse depuis deux ans).

L’impact a été économique également : un taux de chômage au plus fort de la crise entre 2014 et 2017, « lorsque Angela Merkel a ouvert les vannes » qui se situait aux alentours de 17 % quand la moyenne nationale oscillait à 10 %.

En plus d’avoir une image écornée dans les médias, la ville a été en première ligne, selon la maire, pour les dépenses liées à la présence de ces personnes exilées.

« Il n’y a pas eu de compensations sur ces pertes-là. » Les deux versements de l’État de 50 millions d’euros en 2015 puis 44 millions d’euros en 2023 ? « Trop peu pour le territoire. »

Natacha Bouchart a répété à plusieurs reprises que les coûts liés à la sécurisation et à la solidarité n’étaient pas du domaine de la ville, mais de l’État.

« Sur les 14,8 millions d’euros de dépenses générées par la ville depuis 2020, 11,2 millions ont été compensées », détaille l’édile de Calais depuis 2008.

Un exemple : la mise en place de l’enrochement pour empêcher les personnes exilées de s’installer.

Natacha Bouchart a dénoncé le temps entre le constat d’un début de campement et l’opération effective de démantèlement, « environ un an, un an et demi entre le constat par huissier et l’intervention ».

Ces enrochements "empêchent les camps de passer de 50 à 600 personnes entre le constat et le démantèlement".

Les 120 tonnes installées avaient déclenché une reprise du Poinçonneur des Lilas de Gainsbourg par les militants de la Sociale de Calais au début du mois de février lors du dernier conseil municipal. « Il manque encore 400 000 euros d’enrochements. » mais la ville ne peut pas les financer sans l'aide étatique.

 

L'absence d'aide (et de solution) des États

Sur la réalité des personnes exilées, les membres de la commission ont été marqués par un propos de Natacha Bouchart en lui demandant de répéter sa phrase.

« Les personnes exilées ont parcouru des milliers de kilomètres : elles veulent rejoindre l’Angleterre et sont prêtes à mourir pour y parvenir. »

Les accords du Touquet prévoient d'ailleurs que les autorités britanniques autorisent ou non l'entrée dans leur pays depuis la France.

D'ailleurs, que pense Natacha Bouchart de ce texte ?

« Il mérite d’être révisé, il n’est pas adapté à la réalité du terrain aujourd’hui. » Le supprimer ? « Ce n’est pas une solution. »

L’édile de la Porte d’Angleterre reporte la responsabilité sur deux États.

La maison France d’abord qui « n’a pas la volonté d’aller au bras de fer avec les Britanniques Il faut que l’on ait des partenaires français forts pour renégocier. »

La maison britannique ensuite : « Les Britanniques continuent d’attirer et d’accueillir, ils ne réforment pas leur droit d’entrée dans leur pays : ce n’est pas à nous (la France) de faire le tri sur le sujet. »

Interview complète de la maire de Calais à retrouver ici.

Publié : 26 février 2026 à 15h13 - Modifié : 27 février 2026 à 17h21
Cyril Frémin - Journaliste