Dunkerquois

À Dunkerque, Louise brise le silence : "On est en train de bousiller mes enfants"

Chaque lundi soir, devant plusieurs tribunaux de France, des personnes se rassemblent en hommage à Lyhanna. Parmi elles, quelques victimes, dont Louise, que nous avons rencontrée.

enfant
Le cri du cœur d'une mère qui ne trouve plus de solution à Dunkerque pour protéger ses enfants.
Crédit : Ulrike Mai

Au-delà du recueillement, ces mobilisations visent à dénoncer ce que les participants considèrent comme des défaillances du système judiciaire dans la prise en charge et la protection des enfants victimes de violences.

Un nouveau rassemblement est prévu ce lundi à 19h devant le tribunal judiciaire de Dunkerque.

Parmi les personnes qui ont choisi de prendre la parole figure Louise*, mère de deux enfants.

Elle raconte avoir quitté le domicile familial en 2022 avec ses enfants, alors âgés de 9 et 6 ans.

Une plainte est déposée pour des violences qu'elle dit avoir subies, tout comme ses enfants.

Selon son témoignage, le père n'aurait été entendu que sept mois plus tard.

"Malgré des faits dénoncés, malgré des expertises psychiatriques qui concluaient à l'absence d'affabulation, l'affaire a été classée sans suite", soupire-t-elle.

Depuis quatre ans, Louise dit être engagée dans une succession de procédures devant le juge aux affaires familiales et le juge des enfants.

 

"Classement sans suite ne veut pas dire que les faits ne se sont pas produits"

Elle affirme que ses enfants, suivis psychologiquement, continuent d'exprimer leur refus de revoir leur père, mais que leurs paroles ne seraient plus suffisamment prises en compte.

"Au début, ils ont été entendus. Puis on nous a expliqué qu'avec le temps les choses devaient s'améliorer. Mais les enfants continuent de souffrir."

Pour cette mère de famille, le classement sans suite a été vécu comme une remise en cause de la parole de ses enfants.

témoignage louise

Elle rappelle toutefois qu'une magistrate lui aurait récemment indiqué que "classement sans suite ne veut pas dire que les faits ne se sont pas produits".

Aujourd'hui, Louise a rejoint un collectif de mères confrontées à des situations qu'elles jugent similaires.

Ensemble, elles réclament une meilleure prise en compte de la parole des enfants et davantage de moyens pour protéger les mineurs lorsqu'ils signalent des violences.

Le rassemblement organisé lundi à Dunkerque s'inscrit dans cette démarche.

Les participants souhaitent continuer à interpeller les pouvoirs publics et la justice sur les difficultés rencontrées par certaines familles dans les procédures liées à la protection de l'enfance.

*Prénom d'emprunt

Publié : 17h50 par
Rémi Foulon - Rédacteur en Chef