Dunkerquois

Nouveau four électrique à ArcelorMittal Dunkerque : tout le monde n'y croit pas...

Après les promesses d'investissements massifs, les critiques et notamment celle du sénateur communiste Fabien Gay : pour lui, il n'y aura jamais de four électrique à Dunkerque.

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La CGT voit d’un mauvais œil les restructurations chez Arcelor
Crédit : Delta FM (illustration)

La CGT ArcelorMittal conteste ce mercredi 25 mars le plan social de l'entreprise, validé par l'État en fin d'année dernière, devant le tribunal administratif de Montreuil en région parisienne.

Le recours vise une annulation de ce plan social, alors que les premiers salariés ont reçu des lettres les remerciant.

Plus de 600 postes sont visés au total dans le nord de la France, dont certains qui pourraient s'avérer essentiels pour la continuité du site dunkerquois et les fours électriques. 

D'où cette question : ArcelorMittal va-t-il vraiment rester à Dunkerque ?

Après les annonces le mois dernier, en février, sur des investissements massifs pour les sites de Dunkerque, 1,3 milliard d’euros, place aux critiques. Ou plutôt l’œil critique de Fabien Gay.

En commission au Sénat, fin janvier Éric Lombard, le ministre de l’Économie, évoquait la confiance construite avec le groupe au long des années.

La réponse du sénateur communiste a été beaucoup plus offensive le 25 février dernier lors des débats sur la nationalisation de l’entreprise.

Le sénateur Fabien Gay
Le sénateur Fabien Gay
Crédit : Le sénateur Fabien Gay

Dans ses propos tenus en commission, le 27 janvier dernier, l’actuel directeur du journal L'Humanité depuis 2021 a rappelé le désengagement de l’entreprise en France : « quand Mittal a racheté Arcelor, notre pays dénombrait 22 hauts fourneaux ; il n'y en a plus que 11 aujourd'hui. ».

 

1,3 milliard d'euros pour un four, "c'est très en-deçà de ce qui était prévu"

Il a ensuite évoqué la situation dunkerquoise et l’investissement promis d’1,3 milliard d’euros. « C’est très en deçà de ce qui était prévu. Et surtout, c’est la même promesse faite aux Allemands en 2022. En juin dernier, ils (n.d.l.r. : les dirigeants d'ArcelorMittal) sont revenus dessus ».

L’homme politique né à Bordeaux a soulevé un problème auprès du ministre de l’Économie. « Dans les 636 emplois détruits (n.d.l.r. dans le plan social contesté ce mercredi), il y a les six postes pour construire la ligne à haute tension qu’il faudra faire pour un four électrique entre la centrale nucléaire de Gravelines et le site de Dunkerque. Ces 6 emplois sont détruits, et donc il n’y aura jamais les 1 milliard 3 ».

Le sénateur a demandé au ministre d’obtenir des engagements de la part du PDG de l’entreprise, Alain Le Grix de La Salle.

Fabien Gay a conclu son propos en rappelant les investissements d’ArcelorMittal ailleurs qu’en Europe : « Un groupe, qui réduit de 1 600 emplois en France et qui fait de tels investissements en Inde et au Brésil, n’aura jamais vocation à faire vivre l’outil industriel, ni aujourd’hui ni demain ».

Interpellé, le ministre délégué, Sébastien Martin, n’a pas répondu directement sur le cas d’ArcelorMittal à Dunkerque.

Fin février, il a évoqué le contexte international avec les capacités industrielles chinoises, la guerre commerciale avec les États-Unis, la nécessité pour l’Europe de se protéger.

Il a enfin plaidé pour la préférence européenne et le soutien public à l’industrie.

Publié : 15h26 par
Nino Dalbéra - Journaliste