Contrairement aux apparences "Aux sombres héros de l'amer" de Noir Désir (1989) n'est pas un chant de marins. (© Noir Désir)

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Nous sommes en 1989, Noir Désir change de statut. Après le succès prometteur de leur premier Ep (Où veux-tu qu’je r’garde) en 87, le groupe bordelais signe dans une major compagnie (Barclay/Polygram, futur Universal), entend bien maîtriser son destin, puis s’enferme au Studio ICP à Bruxelles avec le très perfectionniste Ian Broudie. Ses références : Il est de Liverpool, il a produit Echo & The bunnymen, et comme Noir Désir Ian Broudie vient de la scène punk. Mais pendant les séances d’enregistrement le temps est à l’orage avec le producteur, et au final le groupe regrette un certain manque de spontanéité dans leur premier album Veuillez rendre l’âme (à qui elle appartient). Noir Désir regrette aussi la surexposition qui a suivi le succès hexagonal de Aux sombres héros de l’amer. La chanson cartonne mais il y a un malentendu sur le contenu. Les gens pensent entendre une chanson de marin (il faut dire que le clip le laisse supposer) alors que le poème est aussi sombre que la chanson est entrainante. Ces sombres héros dont il est question pourraient bien être les poètes maudits du XIXème siècle. Pour Noir Désir l’étiquette « commerciale » est difficile à porter, à tel point que le groupe prend la décision radicale de ne plus jouer Aux sombres héros de l’amer en live. [02/02/2022] 


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