La cour d'assises du Pas-de-Calais a rendu son verdict

L’animateur d’Outreau a été condamné ce vendredi à vingt ans de réclusion criminelle pour des viols et agressions sexuelles sur des enfants de 3 à 6 ans, commis entre 2015 et 2017, alors qu’il était animateur dans un centre socio-culturel, et employé dans des écoles d’Outreau.

Au terme de 12 jours de procès, la Cour d’Assises du Pas-de-Calais a condamné Rudy Goudalle, 33 ans, à vingt années de réclusion criminelle assorties d’une peine de sûreté de 11 ans. L’homme a été reconnu coupables de viols et d’agressions sexuelles sur 13 enfants, douze garçons et 1 fille. Il a en revanche été relaxé des faits d’agression sexuelle sur une enfant, des faits qu’il a toujours nié. Il est également condamné pour consultation et détention d’images pédopornographiques, notamment des vidéos de ses actes, filmés par sa propre caméra. Sur les images diffusées par la Cour au début du procès, on découvre l’homme caresser un enfant sous ses vêtements lors d’un jeu, et pratiquer une sodomie sur un petit garçon de 4 ans.

« Cette attirance pour les garçons de moins de 10 ans, je ne l’ai pas choisie » s’est-il justifié au cours du procès, affirmant avoir agi par « pulsion ». Une explication qui n’a pas convaincue Maître Benoist, avocat de l’association La Voix de l’Enfant : « Qu’a-t-il fait pour lutter contre ces pulsions ? Rien. Il a organisé sa vie et fait en sorte de ne travailler qu’auprès d’enfants de 4 à 6 ans. Parce qu’il sait très bien que ceux-là seront sous influence ». Décrit par ses collègues comme « discret et professionnel », Rudy Goudalle avait néanmoins été surpris à deux reprises par une ATSEM, enfermé à clé avec un enfant dans une salle de classe. Alertée, la mairie d’Outreau, marquée par l’affaire éponyme, n’avait pas réagi et l’avait employé en 2015 comme animateur vacataire au centre socio-culturel et responsable des TAP dans plusieurs écoles de la ville. « Une défaillance hallucinante, un échec grave des institutions » s’est ému Maître Benoist, pour qui le signalement « aurait dû suffire à enquêter. Au lieu de ça, on va permettre à cet homme de poursuivre ses agressions pendant 14 mois ».

“Un risque de récidive difficile à exclure”

Qualifié d’« ogre » et de « prédateur » par les avocats des parties civiles, « il reste un être humain. Dysfonctionnel, certes, mais un être humain » a plaidé son avocate Maître Waquet. Pas de quoi convaincre les jurés, qui l’ont condamné à la peine maximale encourue, conformément aux réquisitions de l’avocat général. S’appuyant sur les conclusions de l’expert psychiatre Denis Cayet, pour qui l’accusé présente « un potentiel de dangerosité sociale » et « un risque de récidive difficile à exclure », la Cour a également prononcé une peine de suivi socio-judiciaire pendant une durée de 12 ans, qui comprendra une injonction de soins, une obligation de résider en un lieu déterminé en dehors de la juridiction de Boulogne-sur-Mer, une interdiction de contact avec les mineurs, une interdiction d’exercer une activité impliquant un contact avec des mineurs, et une obligation d’indemniser les parties civiles. L’homme est également inscrit au FIJAIS.

Au-delà de la condamnation, le procès aura permis d’affirmer le statut de victimes de 13 des 14 enfants parties civiles. « Mais les investigations ont montré que Rudy Goudalle avait côtoyé 1366 enfants pendant sa carrière. Combien n’ont pas encore parlé ? s’interroge Maître Pauwels.

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