Ce vendredi, les parents d’élèves de l’école Florian étaient invités à ne pas mettre leurs enfants à l’école. Objectif: protester contre la loi Blanquer.

Dans les couloirs de l’école Florian, ce vendredi matin, c’est le calme qui prédomine. Et pour cause: la plupart des classes sont quasiment vides. Les parents d’élèves, prévenus de l’opération “école morte”, ont majoritairement répondu à l’invitation de ne pas mettre leurs enfants en classe. L’action a pour objectif de dénoncer la loi Blanquer,  qui vise à regrouper les écoles maternelle, primaire et collège en un seul “établissement public des savoirs fondamentaux”. “Pour inscrire nos enfants en maternelle, nous devrons aller rencontrer le directeur d’établissement au collège” explique le collectif des parents en colère, dont certains étaient devant les portes de l’école ce matin. “Le directeur devra gérer plusieurs établissements en même temps. C’est impossible qu’il connaisse tous les enfants et qu’il puisse traiter les problèmes correctement le jour où il y en aura”.

A l’école Florian, on pointe aussi une décision “budgétaire“, qui ne laissera plus vraiment de pouvoir de décision aux écoles maternelle et primaire après le regroupement. 

Le député LREM Jean-Pierre Pont, interpellé par les parents d’élèves, a fait savoir que la création des établissements publics fondamentaux permettra “une mutualisation des moyens administratifs, financiers et humains, notamment pour les directeurs d’écoles qui pourraient s’appuyer sur des équipes administratives, sanitaires et sociales (…). Les écoles et le collège pourront se mettre en réseau en restant sur leurs sites respectifs, soit se regrouper au même endroit, suivant le souhait de la communauté éducative et des effets positifs attendus pour les élèves”.

Dans un courrier adressé aux directeurs d’école, le maire de Boulogne Frédéric Cuvillier estime que le projet de loi Blanquer “constitue une réelle attaque à l’égard de l’école de la République”. “Les directeurs d’écoles ont aujourd’hui un rôle de premier plan dans le fonctionnement quotidien des établissements: pilotage pédagogique, fonctionnement de l’école avec les partenaires institutionnels (…). Aussi je ne vois pas comment ces missions, ô combien essentielles, pourraient être déléguées à des principaux de collèges, qui ont déjà beaucoup à faire avec leurs propres missions, sans effritement du service public et des conditions de travail”.

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