Hier, un homme a été jugé au tribunal de Saint-Omer pour avoir loué des logements insalubres à des locataires alors qu’un arrêté préfectoral le lui interdisait… Il dit avoir loué pour aider les gens. Alors, marchand de sommeil ou homme généreux ? Explications.

L’affaire commence fin 2015. Le propriétaire d’un immeuble de Saint-Omer reçoit un premier arrêté préfectoral lui interdisant de louer l’appartement du rez-de-chaussée, un studio jugé insalubre. Malgré tout, il continue de louer ce logement pendant des mois et ceux des étages supérieurs qui comportent de nombreux défauts.
Lors de leurs auditions, les locataires évoquent des plafonds trop bas, des problèmes d’aération, une mauvaise isolation thermique, pas d’eau chaude pendant des mois et des problèmes de sécurité. L’une des locataires doit par exemple passer par-dessus une cage d’escalier pour passer de sa cuisine à sa pièce principale… Et pour ces studios, des loyers de plus de 300 euros.
Pour se défendre, le propriétaire évoque un investissement qui a mal tourné… Il a voulu acheter un immeuble, a investi 55 000 euros de travaux pour le remettre à neuf. Des travaux mal réalisés par l’entreprise selon lui… Il a donc voulu le louer et rendre service à des locataires en difficulté, étudiant ou personnes isolées. Et la situation interpelle : à l’époque des faits, il était lui-même locataire d’un logement social.
La procureure peine à croire sa bonne foi. D’autant plus qu’il insistait pour percevoir les loyers en liquide, et le bail n’était pas établi de manière rigoureuse. La procureure a requis 3 mois de prison avec sursis.

Le délibéré sera rendu le 3 juillet.

X
X