18 mois de prison avec sursis pour une mère de famille accusé de ne pas avoir dénoncé les maltraitances subies par ses enfants de la part de son conjoint. Les faits se sont déroulés de début 2017 jusque juin 2018 à Longuenesse. Elle était jugée hier au tribunal de Saint-Omer. Compte-rendu d’audience.

“Avec le recul, je me rends compte que ce n’était pas normal”… Voilà ce qu’a répondu cette jeune mère de 33 ans tout au long de l’audience pour expliquer son comportement, pour expliquer qu’elle n’a rien fait pour aider ses enfants alors qu’ils subissaient de mauvais traitement de la part de son conjoint.

Tout a commencé après des signalements de maltraitance de la part de l’école pour son fils ainé âgé de 9 ans. Le jeune garçon se plaint de ne pas avoir assez à manger chez lui. Le matin, souvent il part à l’école le ventre vide. Le midi, il se contente en général d’un peu de pommes de terre écrasées et le soir, pas de légumes ni de viande non plus… Résultat, ce sont ses copains d’école qui lui ramènent des goûters pour l’aider. En plus de ça, l’enfant doit se montrer particulièrement autonome. Alors qu’il n’a que 9 ans, il se lève seul le matin pour se rendre à l’école. Le midi, il doit réchauffer lui-même son repas. Et il raconte que son beau-père s’énerve et les frappe, lui et sa petite sœur, âgée de 3 ans.

Aujourd’hui, les enfants sont placés, et le conjoint a été condamné et est actuellement en prison. Alors, reste cette question : pourquoi la mère n’a-t-elle pas réagi ? A la barre, elle s’explique : les faibles revenus pour la nourriture, la crainte de ce conjoint qui la dominait, qui avait de l’emprise sur elle. Mais dans le même temps, elle ne veut pas mettre fin à sa relation avec lui. Alors, ses explications peinent à convaincre. Le parquet a requis 18 mois de prison avec sursis. Des réquisitions qui ont donc été suivies par les juges.

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