© Philippe Huguen / AFP

Ça se passe dans l’Audomarois. Un postier, aujourd’hui licencié, s’est débarrassé de lettres après les avoir ouvertes. Il a été jugé et condamné hier par le tribunal correctionnel de Saint-Omer. Le récit d’une histoire plutôt ahurissante.

Le 23 mai à Arques, pas loin du centre de tri d’ailleurs, un automobiliste suit une voiture de la Poste quand, tout à coup, il voit que le facteur jette par la fenêtre tout un tas de papiers. Il se rend compte que c’est du courrier et en informe immédiatement la poste. Une enquêtrice arrive sur les lieux et découvre sur le bas coté en effet des lettres, des cartes, des photos et enveloppes déchirées en petits morceaux. Le parcours de la tournée permet d’identifier le facteur. Il sillonne en effet Blendecques, Wizernes, Arques, Pihem… Il a 45 ans, postier depuis 13 ans ! Il est arrêté et placé en garde à vue. Aux policiers il dit qu’il est en pleine séparation et que ça ne va pas bien. “C’est quoi le rapport avec le courrier ?” demande la présidente du tribunal ? “Vous cherchiez de l’argent ?”. “Non” répond l’ancien facteur. “Pourtant en garde à vue”- vous avez reconnu avoir peur de pas avoir d’assez d’argent pour vous reloger”. Il ne se souvient pas. Et la présidente d’insister : “Vous avez choisi certains courriers, parfois bien reconnaissables : cartes d’anniversaire, courrier pour les détenus de la prison où l’on peut trouver quelques billets”.
Le postier est honteux, mais réfute tout intérêt crapuleux. Non, il n’allait pas bien, le moral dans les chaussettes…
Le procureur de la République  parle de viol de correspondance : “Ouvrir une enveloppe, il n’y a rien, on remet un bout de scotch. Ce n’est pas bien mais au moins, les gens ont leur courrier. Non, vous, vous les avez détruits. Quelle désinvolture ! Quelqu’un attend une carte postale du bout du monde, un courrier administratif important… Une femme a envoyé à sa mère une photo de son bébé, elle ne l’a jamais reçue. Et il y a sans doute beaucoup qui n’ont jamais reçu leur courrier.
Pour ces actes, l’ancien facteur, licencié pour faute grave, écope d’un an de prison avec sursis, obligation de soins auprès d’un psychiatre. La Poste a obtenu 1 000 euros d’indemnisation pour atteinte à son image. A une plaignante, la photo du bébé, il devra verser 500 euros pour le préjudice moral.

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