Le verdict est attendu dans la journée. (© Delta FM)

C’est le dernier jour du procès pour viol commis sur une personne vulnérable à la Cour d’Assises du Pas-de-Calais ce mardi. Ce matin, l’avocate générale a présenté ses réquisitions. Et l’avocate de la défense a plaidé. Hier, les débats se sont beaucoup centrés sur la personnalité de la victime. Une femme vulnérable qui ne pouvait pas se défendre.

C’est une femme âgée d’aujourd’hui 68 ans, avec des problèmes d’élocution, qui s’exprime courageusement à la barre. Une femme qui a eu honte d’être victime de ce viol, qui a regretté d’avoir parlé et qui souffre encore aujourd’hui des faits qu’elle a subis.

Ce jour-là, en mai 2018, quand l’accusé l’aborde dans la rue, elle se rend au cimetière, comme chaque jour. Elle est encore très marquée par le deuil de son mari, décédé quelques mois plus tôt. Un mari avec qui elle a vécu une vingtaine d’années, un mariage très uni. Selon leurs proches, il était difficile pour elle de prendre une décision sans son accord. Ils affirment qu’elle est facilement influençable. Un constat renforcé par l’expert psychologue entendu à la barre, puisque, selon lui, cette dernière a une personnalité passive, dépendante d’Autrui.

Alors ce jour-là, la victime n’avait aucune possibilité de se défendre. Lorsque l’accusé l’a abordé dans la rue, elle a cherché à fuir. Elle a dit non, qu’elle ne voulait pas, mais n’a rien pu faire de plus. Il l’a suivi à son domicile et l’a violé

La procédure judiciaire qui s’est alors enclenchée a été particulièrement éprouvante pour elle, selon son avocate. Il a fallu raconter malgré les tabous, malgré ses difficultés et à plusieurs reprises. Aujourd’hui elle a toujours peur. Peur qu’il sorte de prison et qu’il recommence. L’accusé a promis de ne pas recommencer et a présenté ses excuses. Il avait fait la même promesse il y a quelques années, lors de sa première condamnation.

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