Sauf retournement de situation, il n'y aura pas de bals au Kursaal cette année. (© DeltaFM)

La dynamique épidémique n’est pas bonne. Les taux d’incidence ne baissent pas, et l’absence de décision préfectorale pèse sur les élus locaux et les organisateurs de bal. Aucune décision officielle n’est tombée, mais on s’oriente donc vers une annulation des festivités carnavalesques.

« En terme d’image, comment expliquer au reste de la France qu’on puisse organiser un tel événement à Dunkerque, en pleine pandémie ?« , nous explique un des maires de l’agglomération. La comparaison entre le carnaval de Nice (maintenu) et celui de Dunkerque, a longtemps alimenté les réseaux sociaux avec cette question : pourquoi eux, et pas nous ? Mais les amoureux des festivités dunkerquoises savent que la proximité et la convivialité, sont décuplés dans la Cité de Jean Bart : « A Nice, c’est très calme, c’est un défilé, les gens peuvent maintenir des distances et le brassage est moindre. Ici, on s’embrasse, on fait la fête, on communie, c’est incomparable » rajoute un autre élu local. Réunis ce midi, les maires de l’agglomération restent dans l’attente d’une décision préfectorale, sans grandes illusions. On penche donc vers une annulation des bandes, avec les risques qu’on connait :  » Des bandes annulées, il y en aura. Aujourd’hui, rien n’interdit à une personne de sortir dans la rue déguisée. Il faudra surveiller ça de près  » rajoute un proche du dossier. 

Un coup dur à encaisser pour l’ABCD

Du côté des associations, le coup est dur à encaisser. Les plus raisonnables ont déjà jeté l’éponge dans beaucoup d’associations, craignant de devoir ensuite endosser la responsabilité, au moindre problème : « Si une personne tombe malade à la sortie de notre bal et qu’elle nous attaque en justice derrière… on aura bien du mal à se justifier » nous confiait, désabusé, un organisateur de bal. Même au cœur des associations, le débat fait rage : « Chez nous, c’est du 50/50. Beaucoup ne veulent pas prendre de risques, alors que les plus acharnés veulent absolument organiser quelque chose » nous confiait ce mercredi un membre d’une association carnavalesque. Qu’ils soient favorables ou non à la tenue des festivités, tous partagent la même déception : « Deuxième année sans bal, troisième pour certains, c’est très dur, je ne sais pas comment on pourra s’en relever, il va falloir nous aider« , explique un membre des Corsaires Dunkerquois. Chaque année, l’ABCD reversait pas moins de 800 000 euros. 

La décision du Préfet est attendue en fin de semaine, mais on prend d’ores et déjà la direction d’une nouvelle saison blanche.


X
X