Le trésorier et responsable de la sécurité du centre chiite “Zahra” était jugé ce mercredi pour la détention illégale de 2 fusils et des dizaines de cartouches découverts dans les locaux de l’association à Grande-Synthe. La découverte avait été faite le 2 octobre, lors d’une opération antiterroriste menée par les forces de l’ordre.

Le prévenu de 47 ans, chef d’entreprise à Grande-Synthe et père de famille, a été jugé, non pas pour des faits liés directement à l’activité du centre Zahra, que les autorités soupçonnent d’activités liées au terrorisme, mais pour détention d’armes illégale. 

Bachir Gouasmi, au casier judiciaire vierge, a reconnu être le propriétaire des 2 armes retrouvées dans le coffre-fort du centre, et ne pas avoir d’autorisation pour les détenir. A la barre, il a expliqué avoir besoin de se protéger lui et les siens. “On est mal aimé, ma communauté reçoit des menaces, on a des ennemis : Al Quaida et l’Etat Islamique” dit il. Et d’expliquer que depuis les attentats du Bataclan et sur une communauté chiite à Bruxelles, il a fait une demande de détention d’armes, refusée par les autorités. Se protéger de la menace, voilà la défense de Bachir Gouasmi qui est le trésorier, mais aussi le responsable de la sécurité de l’association chiite.

Lors de la perquisition, les policiers ont découvert qu’un des fusils était armé, prêt à servir. “S’il y a des gens qui pénètrent dans le centre et qui tirent sur nous, sur ma famille, je suis prêt à me défendre et a tirer” a expliqué le prévenu au tribunal. Pour le Procureur de la République, cette obsession de la menace vire un peu à la paranoïa. “C’est inquiétant et dangereux” a-t-il déclaré. Il a requis 18 mois de prison, dont 1 ferme. Le tribunal a finalement condamné Bachir Gouasmi à 18 mois, dont 6 mois ferme. Une peine aménageable, puisque le tribunal n’a pas ordonné de maintien en détention. Bachir Gouasmi se voit également interdit de détenir ou de porter une arme sur une durée de 15 ans.

Pour rappel, le centre Zahra est fermé depuis le 15 octobre sur arrêté préfectoral. Le préfet estimant que “le lieu de culte hébergé dans le centre Zahra” diffusait “des messages légitimant ouvertement le jihad armé”.

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