On parle là d’une petite claque derrière la tête, d’un élève attrapé par le col, d’un coup de cahier sur la tête. Il exerçait au collège Jean Monnet de Grand-Fort-Philippe jusqu’en janvier 2012, date à laquelle il a été suspendu et il l’est toujours. Cet homme de 48 ans réfute toute accusation de violence et s’en est expliqué pendant plus de 4h hier à la barre du tribunal.

Le prof est droit dans ses bottes et s’explique à chaque accusations portées contre lui.
Une élève très dissipée en classe, il prend son cahier de correspondance. Elle continue de faire du bruit, il lui donne un coup de cahier sur la tête.
Une dispute entre 2 élèves dans les rangs, l’un menace de frapper l’autre. Alors, le prof l’a empoigné par le col de son blouson pour mettre fin au désordre.
Un collégien s’est plaint aussi d’avoir été poussé fortement parce qu’il n’avançait par assez vite pour rentrer en classe.
Et enfin, un élève qui désobéit et tente de récupérer son carnet de correspondance confisqué. Le prof l’a repoussé, il serait tombé et se serait cogné le genoux.
Voila les faits reprochés à l’enseignant. Gestes spontanés que le prof dit regretter mais pour lui, ça ne constitue en rien des faits de violences. Ce prof, et ça s’entend à l’audience, aime l’ordre et l’autorité. Et à plusieurs reprises, il a fait un peu la morale à tout le monde, et même à la présidente du tribunal. Un prof un peu rigide qui assume : “je ne laisse pas la situation se dégrader, je sanctionne, je punis et pour moi, c’est normal”.
L’enseignant dénote un peu au collège de Grand-Fort-Philippe, il accumule à lui seul 70% des punitions infligées dans l’établissement. Ça déplait selon lui et sa hiérarchie, dit-il, n’a de cesse de le dénigrer, annulant des heures de colles ou renvoyant l’élève dans sa classe alors qu’il vient d’en être expulsé. Ce discrédit public, les élèves en ont profité dit l’enseignant excédé.
La procureur s’inquiète d’un tel comportement et se demande si ce prof sait vraiment gérer ses élèves et maitriser ses réactions. Sauf que le tribunal n’est pas saisi pour juger si le prof et bon ou pas, mais s’il a été violent. Et l’avocat de l’accusé de souligner l’isolement de son client qui serait, selon des témoignages, au cœur d’un défi entre 2 classes, à savoir laquelle va faire exploser le prof de math en premier.
La procureure de la République a requis 1 an de prison avec sursis et l’interdiction d’enseigner à des mineurs. La défense demande la relaxe pure et simple pour ce prof, suspendu depuis 6 ans car il a fallu, c’est étonnant, 6 ans pour instruire cette affaire.

Le délibéré sera rendu le 29 juin prochain.

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