Un homme de 39 ans a été condamné hier au tribunal de Dunkerque à 6 ans de prison ferme pour avoir violé l’an dernier un homme alors âgé de 62 ans. Les deux hommes ont une déficience mentale, elle est plus importante chez la victime. Les faits remontent à janvier 2017 sous le pont Ghesquière à Dunkerque. Une histoire sordide sur fond d’alcool et de misère sociale.

Les faits. En plein après-midi, en plein jour, deux témoins assistent à la scène. Un homme est en train de sodomiser quelqu’un qu’ils pensaient être une veille dame. Ils sont à 40 mètres des lieux et pour eux, l’agression ne fait aucun doute. Ils s’approchent rapidement et découvrent un homme tétanisé et aux propos incohérents. L’agresseur, lui, se roule une cigarette et s’en va calmement. Il sera interpellé très peu de temps plus tard par la police, appelée par les témoins.

La victime est un homme sous tutelle, déficient intellectuel. Il vit dans un foyer à Gravelines. L’accusé, Ludovic Vandeputte, réside lui aussi à Gravelines, chez sa tante. Les deux hommes se connaissent bien, très bien. Depuis presque 3 ans, ils passent leur journée ensemble à boire, du matin au soir. L’accusé est addict à l’alcool depuis l’âge de 15 ans. Il ne travaille pas et n’est pas en état de chercher un emploi. Les deux copains de boissons ne savent quasiment ni lire, ni écrire.

Le jour des faits, le 20 janvier 2017, ils sont à Dunkerque et ils sont ivres. Ludovic Vandeputte entraîne le sexagénaire sous le pont Ghesquière et lui impose une sodomie avant une tentative de fellation interrompue par l’arrivée des témoins. “C’est faux” dira l’accusé, au vocabulaire et l’élocution limités. “Faux“, “Je ne me souviens pas“, ou encore “Ce n’est pas possible, je ne suis pas comme ça” (sous-entendu je ne suis pas homosexuel) : c’est sa ligne de défense. A l’audience, il écoute, calmement et sans réaction. Ludovic Vandeputte a déjà fait de la prison et d’ailleurs, en détention, il a violé un co-détenu. Il a été condamné pour cela.

Son avocat ne plaide pas l’innocence de son client, mais dresse le portrait d’un homme à l’enfance très difficile, aux carences affectives certaines et balloté depuis très jeune d’IME en Ehpad. Une route toute tracée pour une vie de marginal disait déjà il y a 20 ans une éducatrice.

A l’issue des débats, le tribunal correctionnel de Dunkerque l’a condamné à 6 ans de prison ferme et 5 ans de suivi socio judicaire avec obligations de soins. Le tribunal a condamné aussi l’accusé à verser 10 000 euros à la victime pour préjudice moral. La victime, qui est venue avec son tuteur au tribunal mais ne restant que quelques secondes, préférant partir car apeuré.

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