Face à d’importantes difficultés financières et sans réponse du gouvernement, les pêcheurs de la Côte d’Opale ont mis leur menace à exécution: depuis 8h50 ce jeudi matin, une quinzaine de bateaux bloque le port de Calais, paralysant le trafic transmanche. Des barrages filtrants ont également été mis en place sur les axes routiers du port de Boulogne. Le mouvement pourrait se poursuivre, après une nouvelle provocation des Hollandais.

Avec cette action coup de poing, les fileyeurs espèrent obtenir une réponse de l’Etat et le versement d’une aide financière pour faire face à la baisse de leur chiffre d’affaire. « Certains marins sont sans salaire depuis 3 mois » affirme Stéphane Pinto, représentant des fileyeurs. La faute, selon lui, à la pêche électrique pratiquée par les Néerlandais et qui détruit les fonds marins. « On ne voit plus de soles. La pêche électrique nous a bien foutus en l’air » regrette Jonathan, patron de pêche à Boulogne.

Comme si la situation n’était pas assez brûlante, un article du site de la Visned, porte-parole des pêcheurs néerlandais, est venu remettre le feu aux poudres (lire ici). Le texte, publié le 19 janvier, affirme que la majorité des pêcheurs français est au côté de leurs homologues néerlandais, qu’une réunion serait d’ailleurs prévue entre les industriels néerlandais et le comité national des pêches français, et que « l’agitation autour de la pêche électrique (est) causée par un petit groupe de pêcheurs français sérieusement frustrés ».

Une attaque qui a incité les fileyeurs à réagir, via un communiqué: « Nous demandons au Comité National des Pêches (CNPMEM) de s’expliquer publiquement une fois pour toutes sur les tractations en cours avec le lobby néerlandais VisNed qui sur son site annonce clairement que des discussions vont se tenir avec nos instances représentatives du CNPMEM. Les industriels néerlandais affirment que les pêcheurs français les soutiennent et que les fileyeurs ne sont pas représentatifs car nous ne serions qu’un petit groupe de pêcheurs français sérieusement frustrés. Le comité doit s’expliquer: qu’en est-il de ces réunions secrètes? Comment se fait-il que la profession française ne fasse pas bloc pour lutter contre la disparition programmée des pêcheurs artisans? (…) Ces magouilles entre pêcheurs industriels et institutions ont trop duré! Trop de bateaux ont été cassés, trop de pêcheurs ont perdu leurs moyens de subsistance ! Nous irons jusqu’au bout. Pour nos petites entreprises de pêche familiales, il s’agit d’une question de vie ou de mort. »

Le reportage Delta FM pour tout comprendre :

 

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