Une enseignante de l’école Jeanne d’Arc de Wimereux a été condamnée ce jeudi à 3 mois de prison avec sursis par le tribunal de Boulogne-sur-Mer, pour des faits de violences commis sur plusieurs élèves. 

La femme, enseignante depuis 1983, était accusée de « coups de cahier sur la tête, de tirage d’oreilles et de tirage de cheveux » sur des enfants de 8 ans, survenus lors de l’année 2016-2017, alors qu’ils étaient en CE2. Des violences qui apparaissaient « au moins une fois par semaine » selon l’un des élèves, qui explique que la professeure le réprimandait régulièrement « avec Le manuel du Petit Français. Il faisait mal, car il ne se pliait pas quand elle nous frappait sur la tête ». Au total, la procédure a rassemblé 17 victimes, dont les parents se sont constitués partie civile.

Le père de l’un d’eux, se souvient : « Dès son entrée dans cette classe, on a constaté des insomnies, des cauchemars, et une prise de poids. Un soir, des amis de mon fils m’ont indiqué qu’il prenait régulièrement des coups de cahier sur la tête. Je lui en ai parlé, et il a confirmé ». A la barre du tribunal de Boulogne ce jeudi, la femme de 55 ans a reconnu « des méthodes anciennes, mais sans intention de faire mal ». Interrogée sur l’acharnement sur certains élèves, l’accusée a répondu qu’elle avait « envie qu’ils réussissent », avant de pointer du doigt « l’exagération » des déclarations recueillies par les enquêteurs.

« Pouvez-vous imaginer l’humiliation de ces enfants ? lui a demandé Maître Chopart, l’une des avocates des parties civiles. Leurs camarades riaient lorsque vous les frappiez. Et eux, les avez-vous rire ? ». « Non, mais ils n’ont pas pleuré non plus » a répondu l’enseignante, suspendue à titre conservatoire depuis le 7 mars 2018. 

Dans sa plaidoirie, l’avocate de la prévenue a regretté la dramatisation du dossier. « Je rappelle que dans cette affaire, il n’y a que de violences légères, a rappelé Maître Calonne. Ma cliente exerce depuis 31 ans dans cette école, et il ne faut pas oublier également le témoignage des parents et des enfants qui affirment que c’est une bonne institutrice ». L’avocate demande la relaxe. Le tribunal l’accordera pour 14 des enfants considérés comme victimes psychologiques. Concernant les 3 élèves victimes de violences physiques, l’enseignante est condamnée à 3 mois de prison avec sursis. Le rectorat devra également leur verser 1000€ chacun au titre du préjudice moral. 

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