P&O Ferries devant le tribunal pour avoir refusé de transporter des animaux destinés à la chasse. La compagnie maritime, qui effectue des liaisons entre Calais et la Grande-Bretagne, estime que cela pourrait nuire à son image. Suite à cette décision, deux sociétés d’exportation de volailles ont décidé d’attaquer P&O en justice pour “discrimination”. L’audience avait lieu hier au tribunal de Boulogne. Compte-rendu d’audience.

Une compagnie de transport maritime peut-elle refuser des camions dont la marchandise pourrait nuire à son image ? C’est en tout cas ce qu’a fait la société P&O Ferries. En juin dernier, elle a décidé de ne plus transporter sur ses bateaux “des animaux destinés à la chasse”. Un coup dur pour deux entreprises spécialisées dans la reproduction de faisans et de perdrix, pour qui l’exportation de poussins en Grande-Bretagne représentait en 2017 l’équivalent de 13 millions d’euros de chiffre d’affaires.
En 2015 déjà, c’est la compagnie Britanny Ferries qui avait refusé de transporter leurs animaux vivants, car la ligue contre les sports cruels avait diffusé une vidéo sur les réseaux sociaux, pour dénoncer le sort des animaux destinés à la chasse. La compagnie maritime expliquait alors que cette vidéo avait créé “un fort émoi” auprès de ses clients, sensibles au bien-être animal, et que, pour ne pas nuire à son image, elle préférait refuser les camions de gibier sur ses bateaux. P&O et DFDS avaient alors récupéré le marché, avant, elles aussi, de faire marche arrière. Face à ces refus, la société Gibovendée a essayé d’exporter en passant par avion, mais 20% des poussins sont morts pendant le trajet. Il lui reste un moyen de passage, même si le dirigeant n’a pas voulu le dire, il semblerait que ce soit le tunnel sous la Manche. Mais si ce fil casse, c’est la liquidation judiciaire, et la mort de 150 emplois et d’une quarantaine d’éleveurs, a dit son avocat. L’autre avocat, celui de P&O Ferries, a déclaré que la compagnie avait le droit de refuser sur ses bateaux des animaux destinés à l’abattage, au gavage, et à la chasse. C’est écrit dans ses conditions générales de vente. Le tribunal rendra sa décision le 20 décembre.

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