Gwendaëlle, 37 ans, va devoir expliquer pourquoi elle a laissé son bébé mourir de faim. Le 3 février 2015, le corps de la petite Elsa était retrouvé dans un appartement rue Jules-Guesde, suite à un coup de fil aux secours de la part de l’aîné de la fratrie. Le déroulé de cette sordide journée sera détaillé aujourd’hui puisque les enquêteurs et le fils de l’accusée viendront témoigner. Hier, la justice s’est surtout penchée sur la personnalité de Gwendaëlle.

Une femme pudique, réservée, qui n’exprime pas ses sentiments, mais une bonne mère… C’est ainsi qu’est décrite l’accusée par sa sœur, son compagnon, ou encore le père de ses deux premiers enfants. Une image complétée par l’expert psychiatre présent ce mardi à la barre qui estime que Gwendaëlle est démunie sur le plan affectif, qu’elle a du mal à assumer son rôle de mère de part son propre vécu, l’abandon de son père, la violence de sa mère, une enfance fragile entre famille d’accueil et foyers, de faibles ressources.
Pour autant, Gwendaëlle ne souffre pas de troubles psychologiques et n’était pas sujette à une altération du discernement au moment des faits. Ce même expert expliquera que la mère de famille n’était pas en plein déni de grossesse… Elle savait qu’elle était enceinte, mais a choisi de faire comme si elle ne savait pas. Il est là question de dénégation. C’est pourquoi, après avoir accouché, elle expliquera à ses 2 autres enfants qu’il s’agit du bébé d’une amie. Un bébé qu’elle affirme avoir allaité. Elle reconnaîtra lui avoir donné du yaourt, mais réfute les dires de ses enfants qui racontent qu’elle nourrissait le bébé avec du camembert et de la compote. Pour l’instant, l’accusée reste discrète, et fournit peu d’éléments pour comprendre ce drame.
“Un jour, je te donnerai des explications”… ces mots, Gwendaëlle les a prononcés, c’est à l’une de ses sœurs qu’ils étaient adressés. Des mots rappelés ce mardi par la présidente du tribunal pour inciter l’accusée à réfléchir, à accepter d’expliquer la mort de sa fille.
Hier, en ouverture de procès, Gwendaelle a avoué regretter et a plaidé coupable. Elle encourt 30 ans de réclusion criminelle.

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