Après presque deux jours de garde à vue, l’homme et la femme impliqués dans l’accident de Samer qui a tué une fillette de 18 mois ont quitté le commissariat pour être présentés à un juge d’instruction. Ils devraient être placés en détention provisoire dans la journée. Le point sur l’affaire.

Il suffit de se promener dans le Boulonnais ces derniers jours pour se rendre compte de l’onde de choc. C’est simple: au bureau, dans les rues, les restaurants,  les boutiques, tout le monde ne parle que de ça. Il faut dire qu’on a rarement vu fait divers aussi sordide. 

La disparition de la fillette de 18 mois, dont le décès a été prononcé ce jeudi, est inacceptable. Mais ce qui révolte le plus, dans cette affaire, ce sont les conditions dans lesquelles le drame s’est noué. La mère, déjà condamnée pour trafic de stupéfiants, puis pour braquage par la cour d’assises des mineurs à 8 ans de prison, était en état d’ivresse et circulait sans permis lorsqu’elle a percuté le soubassement d’un pont de chemin de fer, lundi soir, à Samer, tuant sa fille de 18 mois et blessant ses deux autres enfants de 3 et 4 ans. L’un d’entre eux a été transféré à l’hôpital de Lille: “son état de santé s’est détérioré, et des lésions au cerveau pourraient lui laisser de graves séquelles” a indiqué le Parquet.

Avant l’accident, il poignarde l’amant de sa femme

Admis à l’hôpital de Boulogne en état de choc, les parents prenaient la fuite de l’établissement quelques heures plus tard. Ils ont été retrouvés par la police, “en état d’ébriété sur la voie publique“, mercredi. C’est à ce ce moment là qu’on apprenait que lorsque l’accident s’est produit, la famille rentrait de Boulogne-sur-Mer, où le couple venait de participer à une agression. Un homme a été blessé au couteau et a porté plainte pour tentative d’assassinat. Selon les éléments recueillis par les enquêteurs lors des auditions, c’est le père de famille qui a porté le coup, après avoir appris que sa femme avait eu une relation avec lui, à une époque où ils étaient séparés. L’homme, comprenant qu’il n’était pas le père de sa fille, aurait alors voulu “se venger“. En garde à vue, le couple a reconnu la matérialité des faits, mais a contesté l’intention de tuer.

La préméditation ne pouvant être retenue, le Ministère public a requalifié les faits en “tentative de meurtre”. Un chef d’accusation pour lequel le couple encourt 30 ans de réclusion criminelle. Présentés à un juge d’instruction ce vendredi midi, l’homme et la femme devraient faire l’objet d’un placement en détention provisoire. 

Une demande d’extraction sera ensuite effectuée pour que les gendarmes puissent les entendre sur l’accident. Pour accident mortel avec circonstances aggravantes (conduite sans permis et en état d’ébriété), la peine encourue est de 10 ans. 

En revanche, les parents ne seront pas poursuivis pour des faits d’abandon d’enfants. Lorsqu’ils ont pris la fuite de l’hôpital de Boulogne, vraisemblablement conscients qu’ils allaient être inquiétés pour l’agression survenue quelques heures auparavant, les enfants étaient pris en charge par les équipes médicales. “En l’espèce, il n’y avait donc pas de mise en danger” précise le Parquet.

 

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