Condamnée à 20 ans de réclusion criminelle en première instance, Fabienne Kabou est de retour dans le box des accusés pour son procès en appel. Vendredi, elle a plaidé non-coupable et invoqué la sorcellerie pour expliquer son geste. Les psychiatres, eux, ont conclu à une psychose chronique délirante, entraînant selon la loi une diminution de la responsabilité pénale de l’accusée (lire ici). La deuxième journée d’audience, ce lundi, est consacrée à l’examen des faits. Après l’audition des enquêteurs (lire ici), la parole doit être donnée à différents témoins et au médecin légiste cet après-midi. Ce soir, c’est Fabienne Kabou qui donnera sa version des faits.

14h10 : L’après-midi débute avec l’audition de l’hôtelier qui a hébergé Fabienne Kabou dans la nuit du 19 au 20 novembre. Il raconte : « Madame Kabou est arrivée à 16h30. Je lui ai demandé si elle voulait réserver un petit-déjeuner, mais elle m’a répondu que ce n’était pas nécessaire, que son compagnon allait venir chercher son enfant. Cela m’a étonné car je ne voyais pas de lien de cause à effet”.

“Je l’ai entendu prendre une douche en soirée, alors que le bébé pleurait depuis assez longtemps. Elle est ensuite sortie avec l’enfant et la poussette sous le bras. Elle est revenue une vingtaine de minutes plus tard. Je l’ai entendue, mais pas vue. Ce n’est que le lendemain matin que je l’ai recroisée, sans le bébé. Je lui ai demandé si elle avait passé une bonne nuit, elle m’a répondu « excellente ». 

L’hôtelier explique que lorsqu’il consulte l’actualité le matin du 20 novembre, il fait immédiatement le lien.

14h20 : C’est désormais au tour du pêcheur qui a fait la macabre découverte de s’exprimer devant la Cour. « Je remontais de la pêche. J’ai vu une masse noire sur le sable. J’ai cru que c’était un phoque. La curiosité m’a poussé à aller voir. Depuis, j’y pense tous les jours, vous savez…”.

14h30 : Suivent les auditions de femmes ayant pris le bus avec Fabienne Kabou. L’une d’entre elles raconte que Fabienne Kabou lui a demandé de la renseigner sur un hôtel. “Je lui en ai indiqué un, mais elle m’a répondu qu’elle cherchait un hôtel près de la plage“. 

14h50 : “Elle m’a demandé les horaires de marée

Une femme ayant croisé Fabienne Kabou sur la plage témoigne. Elle explique avoir vu l’accusée et sa fille sur la plage. “On a discuté de tout et de rien. De mon chien, de la météo. Et elle m’a demandé les horaires de marée. Je n’ai pas su lui répondre, car je ne savais. Il n’y avait pas beaucoup de monde, il faisait très froid ce jour-là”. Pendant que la témoin parle, les jurés prennent des notes.

15h10 : La Présidente donne la parole à Fabienne Kabou. Avez-vous quelque chose à rajouter ? “Non Madame la Présidente”. Tout ce qui a été dit correspond à la réalité ? “Oui Madame la Présidente”.

15h15 : Le tribunal diffuse des photos de la petite Adélaïde après sa découverte sur la plage. Aucune réaction de Fabienne Kabou.

16h10 : Après une suspension d’audience, le médecin légiste vient déposer devant la Cour d’Assises. Il confirme qu’Adélaïde était une enfant bien traitée, “avec une bonne courbe de taille et de poids”.

16h20 : Fabienne Kabou est en larmes. Elle évoque son départ pour Berck. “Dans mon sac, il y avait des couches, et une tenue de rechange. Une robe marinière et des collants étoilés. Je me souviens aussi d’une petite girafe, car elle faisait de bruit dans le train”. Quand la Présidente lui demande ce qu’est devenu ce jouet, Fabienne Kabou répond dans un sanglot: “Je ne m’en souviens pas. Peut-être que je l’ai ramené à Paris et que Michel l’a apporté à Emmaüs”.

16h30: L’audience est suspendue à la surprise générale, sans que Fabienne Kabou ne soit interrogée davantage sur les faits. Les débats reprendront demain matin à 9h00 avec les experts psychologues. La mère et le compagnon de Fabienne Kabou seront également entendus dans le courant de la journée. 

Alors que vendredi, les psychiatres ont évoqué “une maladie mentale” pouvant altérer son discernement et sa responsabilité pénale, plusieurs éléments évoqués ce lundi laissent penser à une préméditation. Ecoutez :

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