Flandre

Harcèlement scolaire à Bailleul : plusieurs familles dénoncent, le collège conteste

Une plainte pour harcèlement scolaire a été déposée par la mère d'une collégienne de 12 ans scolarisée au sein du groupe scolaire Saint-Albert – Immaculée-Conception à Bailleul.

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Le collège de l'Immaculée-Conception de Bailleul nie les faits de harcèlement dénoncés.

La famille affirme que l'adolescente subit des moqueries, des insultes et une mise à l'écart depuis la fin du CM2.

Appelons-la Louise. Cette jeune fille de 12 ans est suivie par des professionnels de santé après deux tentatives de suicide.

Selon sa mère, les difficultés ont débuté en CM2 à l'école Saint-Albert où un groupe de camarades l'aurait régulièrement prise pour cible.

"On lui répétait qu'elle était grosse, moche. Elle était mise à l'écart", affirme sa mère.

Selon elle, le harcèlement se serait poursuivi lors de l'entrée en sixième à l'Immaculée-Conception, malgré des demandes visant à séparer les élèves concernées.

Hospitalisée fin mai en urgence après de nouvelles idées suicidaires, la jeune fille aurait alors révélé aux soignants ce qu'elle vivait au collège.

La situation de Louise est également marquée par un contexte familial difficile.

Selon sa mère, l'adolescente souffre d'un syndrome de stress post-traumatique lié à des violences qu'elle aurait subies dans le cadre familial.

La mère affirme notamment qu'un incident survenu en octobre dernier lors d'un droit de visite chez son père aurait aggravé la situation.

Selon son récit, l'homme, qu'elle dit alcoolisé ce jour-là, aurait proféré des insultes et des menaces à l'encontre de sa fille.

Une plainte a été déposée.

La mère indique également qu'une précédente plainte pour des faits de maltraitance présumés avait été déposée plusieurs années auparavant avant d'être classée sans suite.

Depuis cet épisode, les droits de visite auraient été suspendus, selon la famille.

Pour la mère de Louise, ce contexte familial n'explique cependant pas à lui seul les difficultés actuelles de sa fille.

Elle estime que les faits de harcèlement dénoncés au sein de l'établissement scolaire ont contribué à aggraver un état psychologique déjà fragile.

anna

D'autres familles veulent témoigner des mêmes maux

La mère d'une ancienne élève de Saint-Albert, que nous appellerons Emma, affirme avoir signalé des faits similaires lorsqu'elle était en primaire.

Selon elle, sa fille faisait régulièrement l'objet d'une mise à l'écart par un groupe de camarades.

"Pour l'établissement, ce n'étaient que des histoires de filles", regrette-t-elle aujourd'hui.

L'enfant a finalement quitté l'établissement avant son entrée au collège.

 

Une autre famille évoque également une expérience difficile au collège de l'Immaculée-Conception.

La mère d'une adolescente, que nous appellerons Clara, affirme avoir alerté à plusieurs reprises la direction après des insultes et des comportements qu'elle qualifie de harcèlement de la part d'un autre élève.

Selon son récit, sa fille aurait développé une phobie scolaire avant d'être déscolarisée puis réorientée vers un autre établissement.

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La direction réfute toute inaction

Contacté, le directeur du collège, Franck Doublet, conteste les accusations d'inaction et estime que la situation de la jeune fille à l'origine de la plainte ne peut être dissociée de difficultés familiales importantes déjà connues des services de suivi.

"Il n'y a pas une histoire de harcèlement telle qu'elle est présentée", nuance-t-il.

Selon lui, chaque signalement fait l'objet d'un traitement dans le cadre du programme de lutte contre le harcèlement scolaire.

Il assure avoir reçu les familles concernées et pris les mesures nécessaires lorsque des situations problématiques lui étaient remontées.

Le chef d'établissement appelle désormais à laisser l'enquête suivre son cours : "Je souhaite qu'il y ait une enquête sérieuse. Sachez simplement que ce dossier est vraiment bien suivi au sein de notre collège."

L'affaire est désormais entre les mains des enquêteurs, qui devront déterminer si les faits dénoncés par les familles relèvent effectivement du harcèlement scolaire et si les mesures de prévention et de protection mises en place étaient adaptées.

Publié : 17h38 - Modifié : 18h06
Rémi Foulon - Rédacteur en Chef