"Chaque jour, je me bats pour mon fils" : à Dunkerque, le combat d'une mère pour protéger son enfant
Depuis la naissance de son fils, Caroline affirme vivre au rythme des audiences, des dossiers d'avocats et de l'attente des décisions de justice. Au détour d'un rassemblement devant le tribunal de Dunkerque, un lundi soir, cette mère a accepté de raconter les conséquences humaines d'une procédure qui bouleverse son quotidien depuis plus de deux ans.
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"Je n'ai jamais vécu une vraie maternité."
La phrase s'interrompt presque au milieu des sanglots.
Caroline cherche ses mots.
Depuis plus de deux ans, cette mère de famille vit au rythme des audiences, des dossiers d'avocats et des convocations judiciaires.
Son fils, Baptiste*, n'avait que deux mois lorsque sa vie a basculé.
Aujourd'hui, ce ne sont pas les procédures avec le père de l'enfant qu'elle souhaite raconter.
Ce qu'elle veut partager, c'est le quotidien d'une "mère protectrice" qui dit vivre dans l'attente permanente d'une décision de justice susceptible de bouleverser l'avenir de son enfant.
"Je ne sais même pas ce que c'est qu'une maman qui élève son enfant avec le papa", souffle-t-elle.
"On rêvait simplement d'une famille."
Comme beaucoup de futurs parents, Caroline s'était imaginé une vie simple : "Un papa, une maman, qui voient ensemble les premiers pas, les premiers repas, les premières découvertes, les premiers copains... C'est ça que j'imaginais. Pas les tribunaux."
À la place, elle décrit un quotidien rythmé par les procédures.
Lorsque son fils s'endort le soir, poursuit-elle, elle ne profite pas du calme retrouvé.
"Je redeviens une justiciable. Je reprends les dossiers, je prépare les rendez-vous avec les avocats, les audiences, les expertises."
Caroline affirme avoir le sentiment de ne jamais avoir quitté cette spirale judiciaire : "Tout ce que je veux, c'est être entendue pour assurer la protection et le bien-être de mon enfant."
Une vie impossible à projeter
Le plus difficile, selon elle, reste cette incapacité à regarder vers l'avenir.
"Je voudrais préparer son entrée à l'école, imaginer où il grandira, quels seront ses copains... Mais je ne peux pas. Je vis toujours avec un "et si..."."
Et si la décision du tribunal changeait tout ?
Et si son fils devait quitter son environnement actuel ?
Et si tout ce qu'il connaît aujourd'hui disparaissait ?
Autant de questions qui, dit-elle, l'accompagnent chaque jour : "Mon enfant me tient debout"
Caroline ne cache pas son inquiétude à l'approche des prochaines échéances judiciaires.
Elle dit craindre une décision qui viendrait bouleverser l'équilibre de son fils, aujourd'hui âgé de deux ans et demi.
Celle qui se bat pour protéger son enfant le décrit comme un petit garçon "solaire", "sociable", "curieux" et "en avance dans ses apprentissages".
"Quand je le vois consoler un autre enfant qui pleure, partager ses jouets, courir vers les autres, je me dis qu'il grandit bien."
Ce sont ces moments-là qui lui permettent, assure-t-elle, de tenir.
"Ce qui me fait avancer, c'est lui. Quand il me dit "Maman, je t'aime", ça me donne la force de continuer."
"Je ne veux qu'une chose : sortir de tout ça"
Au fil de l'entretien, Caroline revient souvent sur une idée : celle de mettre sa propre vie entre parenthèses.
"Quand on devient maman, tout ce qui comptait avant passe après. Tout ce qui importe, c'est que son enfant grandisse bien. On peut tout sacrifier pour son enfant."
Elle raconte les difficultés psychologiques, mais aussi financières, liées à une procédure qui dure depuis plusieurs années.
Cette maman évoque également le soutien de ses proches, des professionnels et des associations de protection des enfants qui l'accompagnent.
"Sans eux, je ne sais pas comment j'aurais tenu. Je ne veux qu'une chose : sortir de tout ça."
Un engagement motivé par des inquiétudes concernant son enfant.
Le témoignage s'achève sur une demande simple : "Je ne demande pas à rester dans cette procédure, je veux en sortir."
Caroline affirme vouloir avant tout retrouver une vie normale, loin des tribunaux.
Plusieurs échéances judiciaires traceront la route de Baptiste et de ses deux parents
"Un enfant ne mérite pas de grandir dans ce climat. Moi, je voudrais juste qu'il puisse vivre son enfance."
À ce stade, la procédure est toujours en cours et aucune décision définitive n'a été rendue.
Le père de Baptiste nie, lui aussi, toutes les accusations qui font l'objet de la procédure judiciaire.
Il décrit une vie suspendue aux décisions de justice, faite de procédures, d'inquiétudes et d'incertitudes.
Au-delà de leurs profondes divergences, une réalité demeure : un petit garçon de deux ans et demi.
* Le prénom de l'enfant a été modifié.
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