L'avenir d'un millier de familles dépend du devenir de l'usine de Mardyck. Et depuis l'annonce d'une fermeture envisageable du site dunkerquois, les salariés directs et les employés des sous-traitances sont inquiets. La menace pèse et depuis presque 1 mois, aucune information n'a filtré. Qu'est ce que la direction de Total réserve à l'usine des Flandres ? Personne ne le sait…
En effet, non seulement personne ne le sait, mais personne ne sait non plus quand sera prise une décision. C'est une situation devenue insupportable pour les salariés qui, hier en fin d'après-midi, ont décidé de prendre les choses en main. Ils sont en grève et bloquent les importations et les exportations de carburants. Ils maintiennent la sécurité du site mais n'assurent plus les travaux programmés. Les 385 employés exigent de savoir, demain au plus tard, quel est l'avenir de la raffinerie des Flandres.
Rappelons qu'avant les fêtes, le groupe Total a annoncé envisager de fermer la raffinerie ou de la transformer en simple dépôt au nom d'un manque de rentabilité générale de l'entreprise internationale.
Dans les 2 cas, les suppressions de postes seront considérables à l'usine et tout autant dans les sociétés sous traitantes. Exemple avec la société Kaefer Wanner, basée à Fâches Thumesnil et spécialisée dans l'isolation industrielle. Bernard Motheron en est le délégué CGT :La fermeture de l'usine est une hypothèse. Une autre, c'est de transformer l'usine en dépôt et dans ce cas, une trentaine de personnes suffisent à faire tourner la boutique. Quant au grand arrêt prévu de longue date, s'il se fait, les syndicats veulent la garanti d'une reprise de production par la suite.
Si aujourd'hui les salariés dunkerquois montrent qu'ils sont prêts à un rapport de force, c'est aussi parce qu'ils savent que leurs collègues des 5 autres raffineries françaises sont prêts eux aussi à se mobiliser. François Croquefer, le secrétaire général de la CGT à Dunkerque, promet une forte mobilisation si le pire devait arriver :Et les syndicats en appellent au soutien des élus. Hier, le maire de Grande-Synthe a reçu une forte délégation syndicale et réclame aujourd'hui un moratoire sur la situation de la raffinerie. Michel Delebarre a quant à lui rencontré le PDG de Total à Paris.
Hasard du calendrier, hier le groupe Total a annoncé vendre à un groupe espagnol son usine chimique de Mazingarbe, dans le Pas de Calais. Conséquences : 74 emplois seront supprimés.




